L’un des principaux objectifs que s’est donnée l’ADIAF, comme son nom l’indique – Association pour la diffusion internationale de l’art français –, est de promouvoir à l’étranger les artistes de la scène hexagonale. Elle le fait par l’intermédiaire du Prix Marcel-Duchamp et de ses jurys largement composés de membres éminents du monde de l’art venant de l’étranger. Elle l’accomplit également par des expositions organisées sur différents territoires des artistes lauréats ou nommés du prix, à l’exemple de « Toi qui chemines, il n’y pas de chemin » au Minsheng Art Museum, à Shanghai, et au Red Brick Art Museum à Pékin (Chine), en 2019 ; de « Way of seeing. Artists of the Prix Marcel Duchamp » au Museo Nacional de Arte Decorativo à Buenos Aires (Argentine) en 2023 ; ou de « Palais de mémoire » au Palais Dacia-Romania à Bucarest (Roumanie) en 2023. L’exposition à Art Genève 2025 des nommés 2024 était une initiative de The Art Newspaper Édition française. Ce programme se poursuit à partir du 9 avril avec l’exposition « In a Field Well-Found – Artistic practices from The Marcel Duchamp Prize’s 25 Years », au Ludwig Museum de Budapest (jusqu’au 24 août). Ce projet qui entend « dresser un instantané de la scène française aux multiples facettes », réunira les œuvres de Kader Attia, Maja Bajevic, Bertille Bak, Mohamed Bourouissa, Céleste Boursier-Mougenot, Mircea Cantor, Julian Charrière, Julien Creuzet, Latifa Echakhch, Cyprien Gaillard, Noémie Goudal, Camille Henrot, Thomas Hirschhorn, Bouchra Khalili, Kapwani Kiwanga, Anri Sala, Zineb Sedira et Tatiana Trouvé.
Auparavant, c’est une autre distinction qui aura été remise, le 2 avril 2025, sur la Foire Art Paris au Grand Palais à un représentant de la scène française : le prix BNP Paribas Banque Privée. Les nommés sont les 24 artistes sélectionnés par la commissaire indépendante Amélie Adamo et le directeur général du MO.CO. Montpellier Numa Hambursin, pour leur parcours dans la Foire intitulé « Immortelle : un regard sur la peinture figurative en France ». Parmi les peintres retenus figurent par exemple Ronan Barrot (Galerie Claude Bernard), Vincent Bioulès (Galerie La Forest Divonne), Jean-Charles Blais (Galerie Yvon Lambert), Robert Combas (Strouk Gallery), Vincent Gicquel (RX & SLAG), Dhewadi Hadjab (Mennour), Oda Jaune (Templon), Youcef Korichi (Galerie Suzanne Tarasieve), Thomas Lévy-Lasne (Galerie Les filles du calvaire), Marlène Mocquet (Galerie BSL), Barbara Navi (Galerie Valérie Delaunay), Françoise Pétrovitch (Semiose) ou Agnès Thurnauer (Galerie Michel Rein).
À travers ces deux événements d’avril – l’un mettant à l’honneur l’installation, la photographie et la vidéo dans une approche conceptuelle, l’autre consacré à la peinture, de la Figuration libre aux jeunes talents –, ce sont deux visages de la scène artistique française qui se révèlent, témoignant de la vitalité de la création contemporaine dans l’Hexagone, même si elle n’est pas toujours reconnue à sa juste valeur.
C’est dans ce contexte que la ministre de la Culture Rachida Dati a confié le 28 mars à Martin Bethenod une mission sur le renforcement de la scène artistique française, pour qu’elle puisse pleinement profiter de « l’écosystème des arts visuels français [qui] connaît un essor remarquable porté par la présence de grandes foires, le dynamisme des galeries, l’ouverture de fondations privées, le développement de programmes de résidences, mais aussi par les réseaux des centres d’art, FRAC, musées qui maillent l’ensemble du territoire ». L’ancien directeur général délégué de la Bourse de Commerce [et chroniqueur dans notre mensuel The Art Newspaper Edition française] va étudier la possibilité de créer une fondation nationale sur un modèle public/privé « pour fédérer les énergies et mieux défendre la scène artistique française ». L’échéance est courte : différents scénarios sont attendus pour la fin du mois de mai.