Alors que le monde de l’art, les collectionneurs et les médias affluent dans la Sérénissime pour la semaine de pré-ouverture de la 61e Exposition internationale d'art, avant l’ouverture officielle au public le 9 mai, la Biennale a annoncé hier, le 4 mai, dans un communiqué aussi concis que laconique, que « la République islamique d'Iran ne participerait pas » à cette édition. Avant d’ajouter : « La liste officielle comprend 100 participations nationales, dont la République-Unie de Tanzanie et la République des Seychelles, qui ont été ajoutées à la suite de l'annonce du 4 mars. »
L’édition 2026, intitulée « In Minor Keys », connaît depuis des mois des rebondissements en série : décès de sa commissaire, Koyo Kouoh ; polémiques autour des participations de la Russie, d’Israël, et des États-Unis ; appels au boycott ; décision de la Commission européenne de ne pas verser une subvention à titre de mesure de rétorsion… Dernier coup de théâtre en date : la démission, à la veille de l’ouverture, de la totalité du jury, en désaccord avec le président de la Biennale, Pietrangelo Buttafuoco, lui-même sous le feu des critiques au sein du gouvernement de Giorgia Meloni pour avoir acté le retour de la Russie dans les Giardini. Le ministre italien de la Culture a fait savoir qu’il serait absent à l’ouverture, comme les représentants de plusieurs pays.
Dans ce contexte de tensions, le président de la Biennale pourra-t-il se maintenir ? La menace d’actions, de la part d’opposants mais aussi du personnel de la Biennale, peut-elle devenir réalité ? La plus importante manifestation artistique au monde, rattrapée par les différentes crises géopolitiques, a jusqu’ici suscité de nombreuses prises de position, parfois contradictoires, et finalement laissé peu de place aux discussions sur l’art. Au moment de découvrir les pavillons nationaux dans les Giardini, l’exposition centrale et la programmation particulièrement riche dans les musées, les fondations et l'ensemble des sites accueillant des expositions dans la Cité des Doges, cette édition promet de réserver encore des surprises, et peut-être même une grève vendredi.




