On ne verra plus sa silhouette toujours élégante sur les foires d’art et d’antiquités, de Paris à New York. Figure de longue date du marché de l’art, Anisabelle Berès-Montanari s’est éteinte à 78 ans le 4 juin 2026. Par ses parents, elle était rattachée à une double tradition de marchands. Son père, Pierre Berès, était un éminent spécialiste en livres anciens et rares ainsi qu’en manuscrits, un grand seigneur affable surnommé à juste titre « le prince des libraires ». Sa mère, Huguette Berès, tenait une galerie ouverte en 1952 au 25 quai Voltaire et principalement consacrée aux peintres nabis, aux estampes japonaises (un ensemble considérable dispersé aux enchères en plusieurs sessions, de 2002 à 2024) et à l’art d’après 1945. En 1975, Anisabelle Berès rejoint l’enseigne, tandis que son mari, Amedeo Montanari, tenait une galerie de cadres anciens. Elle s’était aussi intéressée aux peintres cubistes, de Braque à Metzinger, mais aussi aux figures de la Seconde École de Paris, de Fautrier à Zao Wou-Ki.
« À titre personnel, je suis extrêmement touché du départ d’Anisabelle. Elle était devenue une amie depuis mon engagement au SNA », nous confie l’actuel président du Syndicat national des antiquaires, Mathias Ary Jan. Et de poursuivre : « comme galeriste, elle était passionnée par le Japon, certainement influencée par sa mère, Huguette Berès. Tout naturellement, elle s’intéressa aux artistes nabis, et elle devint une figure incontournable du marché de l’art sur cette période. Je retiendrai d’elle qu’elle a été la première femme présidente de notre syndicat professionnel créé en 1905 ». Élue en 2019, elle avait tenu bon dans une période difficile pour le SNA et pour la Biennale des antiquaires. « J’ai eu l’honneur d’être son vice-président et de travailler à ses côtés dans un état d’esprit amical et de confiance. Je pense aujourd’hui à ces deux filles, Capucine et Florence, deux amies qui se sont engagées depuis plusieurs années à la galerie aux côtés d’Anisabelle. Je ne doute pas qu’elles sauront diriger la galerie avec talent, conviction et passion, à l’image d’Anisabelle durant toute sa brillante carrière », conclut Mathias Ary Jan.



