LA DENTELLE À L’ENCRE DE CHINE DE CHRISTELLE TÉA PURDY HICKS GALLERY (LONDRES)
Entre Albrecht Dürer et Charles Darwin, Christelle Téa rend ce qu’elle croque plus vrai que la réalité. La dessinatrice, dont l’œil ne rate rien, utilise un stylo à encre de Chine. Son travail à main levée, sans ébauche ni repentir, sur le vif – jamais d’après des photos ou des souvenirs –, scrute des univers fourmillant de détails, captant l’esprit des lieux. Récemment exposée au musée national du château de Malmaison, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), l’artiste, qui s’était emparée des espaces du musée Cognacq-Jay, à Paris, en 2021, présente, au sein du secteur général, une série d’autoportraits aux chapeaux ainsi qu’un nouveau corpus d’œuvres sur papier explorant les intérieurs du musée Gustave-Moreau, à Paris.
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Dom Simon, It’s All in Your Head III, 2025, stylo à bille, crayon de couleur, papier Canson. Courtesy de l’artiste et de la Rodler Gschwenter Gallery
LE DESSIN EN FUSION DE DOM SIMON RODLER GSCHWENTER GALLERY (VIENNE)
En octobre 2024, la Rodler Gschwenter Gallery clôturait « Blue Room », l’exposition personnelle de Dom Simon. Elle invitait le public à découvrir cet artiste à la pratique transdisciplinaire sur papier. Son objectif ? Capter un sentiment, une vision intérieure ou le passage du temps. Comment ? En se situant entre classicisme et modernisme, photographie et peinture ou cinéma, réalité et rêve. Ses créations tantôt immobiles ou en mouvement, à la surface parfois lisse ou cicatrisée, produisent des effets de lumière uniques à l’image de la série It’s All in Your Head réalisée en 2025. Les œuvres qui la composent allient le dessin aux stylos-bille et crayons de couleur, au collage photographique et à la capture cinématographique sur papier Canson. L’enseigne viennoise est présente dans le secteur Insight.
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Mamadou Cissé, Eco Futur Venise, 2016, feutre, stylo BIC et gel sur papier.
Courtesy de l’artiste et de la galerie Christophe Person
LES VILLES IMAGINAIRES DE MAMADOU CISSÉ GALERIE CHRISTOPHE PERSON (PARIS)
Mamadou Cissé, présent dans des collections comme celle de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris, a participé à une exposition de groupe à la 15e Biennale de Dakar (2024). L’artiste sénégalais, représenté par la galerie parisienne Christophe Person, dynamite le dessin. Ceci, à travers son utilisation combinée de feutres multicolores, de stylos BIC et de gel sur papier. Inspiré par des architectes tels que Le Corbusier ou Gustave Eiffel, Mamadou Cissé plonge au cœur de villes imaginaires, graphiques et colorées. Des cités fictives en mouvement, qui se dressent vers le ciel, et aux perspectives imprenables. Un vrai manifeste utopique, à voir dans le secteur Process.
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Baptiste Rabichon, 006, série Vues d’artiste, 2022, photogramme de dessin sur papier chromogène. Courtesy de l’artiste et de la Galerie Binome
LES PHOTOGRAMMES DE BAPTISTE RABICHON GALERIE BINOME (PARIS)
Embrasser toute la photographie, son histoire, ses savoir-faire, ses artifices, ses avatars… tel est le défi de Baptiste Rabichon – comme l’illustrait en 2024, à la Galerie Binome, son solo show « Dis-moi les détours ». Lauréat du prix Camera Clara en 2022, il expose – dans le secteur Process –, sa série Vues d’artiste (2022). Sur de petites feuilles de calque, il dessine des sphères, des points, des taches. Il dispose ensuite ses esquisses trans- parentes dans l’obscurité totale sur du papier photosensible avant d’enclencher l’agrandisseur. La lumière ayant traversé le calque, l’artiste obtient un authentique noir photographique qui englobe le dessin, transformant les motifs en autant d’univers fantasmés, peuplés d’astres et de paysages insolites.
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Alain Longuet, 3 carrés en apesanteur, 2024, œuvre générative sur écran tactile. Courtesy de l’artiste et de la Galerie Wagner
ALAIN LONGUET ET LE CODAGE DES FORMES GALERIE WAGNER (PARIS)
Diplôme d’ingénieur des Arts et Métiers en poche en 1968, Alain Longuet crée ses premières images numériques et réalisations en art vidéo à la fin des années 1970. Parallèlement à sa riche activité de vidéaste, l’artiste développe des algorithmes de compositions graphiques. La Galerie Wagner – qui participe au secteur Process pour la troisième fois – avait consacré à Alain Longuet l’exposition « Jeux Optiques », en 2024. L’enseigne parisienne présente ici ses œuvres génératives exécutées sur écran tactile les plus récentes, dans lesquelles le déplacement aléatoire d’un algorithme engendre des formes. Une pratique singulière à l’ère du tout numérique.
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Roméo Mivekannin, Agoodjie de face Femme du Dahomey, 2021, lavis sur papier. Courtesy de l’artiste et de la galerie Eric Dupont
MYTHOLOGIES EN LAVIS PAR ROMÉO MIVEKANNIN GALERIE ERIC DUPONT (PARIS)
De Roméo Mivekannin, on se souvient des grands draps peints à l’acrylique, sur lesquels il mettait en scène son propre visage afin de réinscrire les figures noires dans l’histoire de l’art – à l’instar de sa réinterprétation grandeur nature des Noces de Cana de Paul Véronèse, présentée en 2022, au jardin des Tuileries, dans le cadre d’Art Basel Paris. À Drawing Now, Eric Dupont, qui expose dans le secteur général, montre pour la première fois les œuvres sur papier de l’artiste béninois, réalisées au lavis à l’encre noire ou au brou de noix. Roméo Mivekannin, à l’honneur au Louvre Lens (« L’Envers du temps », jusqu’au 2 juin 2025), recrée ici un lien entre l’histoire (celle de l’esclavage et du colonialisme) et son histoire.
Drawing Now, 26-30 mars 2025, Carreau du Temple, 4, rue Eugène-Spuller, 75003 Paris.