C’est l’un des plus grands chantiers patrimoniaux d’Europe et il se déroule en Île-de-France. Non, il ne s’agit pas de la restauration de Notre-Dame de Paris, mais il concerne un monument souvent considéré comme sa grande sœur, soit le premier édifice gothique : la basilique de Saint-Denis. Élevé par l’abbé Suger au XIIe siècle, le lieu devint la nécropole officielle des rois de France. Fragilisée par une tempête, la flèche située à gauche de sa façade fut démontée en 1847 et, malgré plusieurs tentatives, ne fut jamais remontée. Depuis les années 2010, le projet de reconstruire à l’identique cette flèche de 90 mètres de haut est porté par les collectivités territoriales – le Fonds de solidarité interdépartemental d’investissement, la Région Île-de-France et la Métropole du Grand Paris –, avec le soutien de la Ville de Saint-Denis et de Plaine Commune. Des privés se sont aussi engagés, au premier rang desquels figure Vinci, Grand Mécène du projet, qui a apporté 1 million d’euros sur un budget de 37 millions d’euros.
Le chantier prend aujourd’hui une nouvelle dimension avec le parcours « La Fabrique de la flèche » ouvert au public et aménagé autour de la basilique. Les visiteurs peuvent ainsi découvrir dans différents pavillons des tailleurs de pierre à l’ouvrage qui transforment les blocs de calcaire. Au total, ce sont 15 228 pierres qui vont être taillées et assemblées pour former cette nouvelle flèche. Dans un autre espace, une forge permet de façonner les outils. L’ensemble comprend aussi un cinéma immersif qui plonge le visiteur dans l’histoire de la basilique et détaille le projet, un lieu qui peut aussi se transformer en salle de spectacle. À côté, il est aussi possible de participer sur réservation à un jeu en réalité virtuelle. Ainsi, la visite de la basilique et de ses nombreuses sépultures est aujourd’hui complétée par une découverte immersive du chantier de reconstruction de la flèche. Ce parcours inédit incite également les visiteurs à parrainer une pierre, à partir de 15 euros, pour permettre de boucler le financement du projet. Nicolas Matyjasik, directeur général de la « Fabrique de la flèche », entend chercher des mécènes de l’autre côté de l’Atlantique et pourquoi pas nouer un partenariat avec The Met Cloisters à New York. Pour donner une résonance encore plus grande à ce projet patrimonial hors norme.




