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Le Service des parcs nationaux des États-Unis démonte un mémorial consacré à l’esclavage sur un site historique de Philadelphie

Conformément à une directive du président Donald Trump, une exposition détaillant la vie et le contexte historique de neuf personnes réduites en esclavage par George Washington a été démontée.

Torey Akers
28 janvier 2026
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Un mur commémoratif du site de la President’s House, à l’Independence National Historical Park de Philadelphie, porte les noms de neuf personnes réduites en esclavage ayant vécu sur place au sein de la résidence de George Washington. Photo NPS. Photo Joseph E. B. Elliott.

Un mur commémoratif du site de la President’s House, à l’Independence National Historical Park de Philadelphie, porte les noms de neuf personnes réduites en esclavage ayant vécu sur place au sein de la résidence de George Washington. Photo NPS. Photo Joseph E. B. Elliott.

Le Service des parcs nationaux des États-Unis (National Park Service, NPS) a démonté une exposition intitulée « Freedom and Slavery in the Making of a New Nation » au sein de l’Independence National Historical Park, à Philadelphie.

Cette décision fait suite à une directive du président américain Donald Trump appelant à l’élimination des « idéologies corrosives » dans les lieux de patrimoine culturel à travers le pays. L’exposition en plein air était consacrée à la vie de neuf personnes réduites en esclavage par George Washington, premier président des États-Unis, dans la maison qu’il occupa autrefois. Elle analysait « le paradoxe entre l’esclavage et la liberté dans la fondation de la nation », selon le site Internet du NPS.

Le 22 janvier, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont commencé à circuler, montrant des agents en train de démonter des panneaux expliquant l’économie esclavagiste américaine, rapporte le New York Times. Ce retrait semble s’inscrire dans une volonté de se conformer au décret présidentiel signé en mars 2025 par l’administration Trump, qui enjoignait le NPS à « se concentrer sur la grandeur des réalisations et des progrès du peuple américain » et avertissait que les contenus présentés sur les sites nationaux du patrimoine seraient réexaminés s’ils venaient à « dénigrer de manière inappropriée les Américains ». L’Independence National Historical Park, situé dans le centre de Philadelphie et créé sous la présidence de Barack Obama, a été particulièrement pris pour cible par Donald Trump, qui l’a accusé d’enseigner aux visiteurs que « l’Amérique serait prétendument raciste ».

Dans une déclaration au New York Times, un porte-parole du département de l’Intérieur a indiqué que l’exposition avait été démontée « conformément au décret », afin d’en garantir « l’exactitude, l’honnêteté et la conformité avec des valeurs nationales partagées ».

La suppression de cette exposition n’est qu’un exemple parmi d’autres des initiatives de l’administration Trump visant à effacer de larges pans de l’histoire américaine, récente comme plus ancienne. Le NPS avait déjà été sommé de retirer de ses boutiques des produits promouvant des « points de vue spécifiques » liés aux politiques de diversité, d’équité et d’inclusion. L’agence a également mis fin à la gratuité d’accès aux parcs nationaux à l’occasion de l’anniversaire de Martin Luther King Jr. et de Juneteenth [jour férié fédéral américain, célébré le 19 juin, marquant la fin effective de l’esclavage aux États-Unis en 1865] : l’entrée sera désormais gratuite le 14 juin, jour de l’anniversaire de Donald Trump.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, Michael Coard, avocat pénaliste et membre fondateur de la coalition Avenging the Ancestors, a qualifié le démontage de l’exposition de Philadelphie d’« ouvertement raciste ». Cette coalition avait joué un rôle central dans la création du mémorial consacré aux personnes réduites en esclavage à l’Independence National Historical Park.

« Cet effacement manifeste de l’histoire et de contenus pédagogiques sur un site historique national constitue une attaque contre nos libertés de lire et d’apprendre, a déclaré Kasey Meehan, directrice du programme Freedom to Read de Pen America, dans un communiqué. Par cette censure, l’administration Trump impose une vision alarmante et étroitement restrictive de l’histoire et de l’identité américaines. À l’instar des écoles et des bibliothèques publiques, les parcs publics garantissent un accès libre à des informations essentielles à la formation de citoyens éclairés. Cette administration continue de révéler la nature de son offensive contre la transmission de l’histoire et la célébration de la diversité, que ce soit dans les écoles, les universités, la presse, et désormais les parcs. »

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