Des professionnels de la culture et des participants à la Biennale de Venise prévoient de se mettre en grève vendredi 8 mai, pour protester contre la participation d’Israël à la manifestation. Cette action, qui doit se tenir pendant la semaine d’ouverture de la 61e Biennale de Venise, sera organisée par le collectif Art Not Genocide Alliance (ANGA). Un rassemblement est prévu vendredi à 16 h 30 sur le Via Garibaldi, une artère située à proximité du site de l’Arsenale.
« Le 8 mai, ANGA, Biennalocene, Sale Docks, Mi Riconosci, Vogliamo Tutt’altro et d’autres organisations culturelles nationales et locales appellent le secteur culturel à une grève de vingt-quatre heures », indique ANGA dans un communiqué. Les syndicats italiens Associazione Difesa Lavoratori (ADL Cobas), Unione Sindacale di Base et Confederazione Unitaria di Base soutiennent également le mouvement de grève, précise ANGA.
Le mois dernier, ANGA a adressé à la direction de la Biennale une lettre signée par plus de 230 artistes, commissaires d’exposition et professionnels de l’art participant à l’édition 2026 de la Biennale de Venise. Le texte demandait l’annulation du pavillon israélien. « La grève est un refus collectif de la normalisation du génocide dans la culture, ainsi que des conditions de travail précaires sur lesquelles repose la Biennale. ANGA appelle les artistes, commissaires et professionnels de l’art signataires à fermer leurs pavillons et leurs lieux d’exposition », ajoute le communiqué. La direction de la Biennale de Venise n’a pas répondu à nos sollicitations.
Depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a fait plus de 1 200 morts en Israël et au cours de laquelle plus de 250 personnes ont été prises en otage, plus de 72 000 Palestiniens auraient été tués à Gaza, selon le ministère palestinien de la Santé.
Israël est représenté cette année par le sculpteur Belu-Simion Fainaru, né en Roumanie et installé à Haïfa. Son exposition ne se déploie pas dans le pavillon israélien permanent situé dans les Giardini – actuellement fermé pour rénovation –, mais à l’Arsenale. « En tant qu’artiste, je suis opposé aux boycotts culturels, car je crois à l’importance du dialogue et des échanges, en particulier dans les périodes difficiles », a déclaré l’artiste à The Art Newspaper.
Le mouvement de grève annoncé vient s’ajouter aux turbulences qui entourent l’ouverture de la 61e édition de la Biennale. La semaine dernière, les cinq membres du jury chargé de décerner les prix de la Biennale ont démissionné sur fond de tensions croissantes autour de la participation d’Israël et de la Russie à l’édition de cette année. Le jury avait indiqué qu’il exclurait les artistes issus de pays dont les dirigeants font l’objet de mandats d’arrêt pour crimes contre l’humanité, une décision interprétée comme visant la Russie et Israël.
ANGA ajoute que « la controverse autour de la présence de la Russie à la Biennale cette année rend impossible d’ignorer la politique de deux poids, deux mesures de l’institution ». Le pavillon russe doit rester ouvert pendant trois jours durant la semaine de pré-ouverture de la Biennale, mais ne pourra pas accueillir le public par la suite. La participation du pays a conduit l’Union européenne à suspendre son financement à l’institution.




