« Chairs anatomy » chez Artcurial
Pendant près de quarante ans, l'entrepreneur allemand Werner Löffler s’est passionné pour le design. Fabriquant lui-même de chaises et de fauteuils, très engagé dans la recherche en ergonomie – il travaille notamment avec le célèbre designer et pape du bio-design Günter Beltzig –, Werner Löffler s’est aussi constitué une collection sans doute unique au monde de plus de 3 800 sièges collectés un peu partout sur la planète. Artcurial disperse cette semaine 160 pièces issues de celle-ci. « Werner Löffler, souligne Édouard Liron, spécialiste Design de la maison de ventes, est un collectionneur particulièrement attentif, très attaché à l’histoire, à la provenance des objets et presque obsédé par leur état d’origine. »
L’ensemble explore le design depuis ses fondations au début du XXe siècle avec quelques modèles iconiques signés Joseph Hoffmann (Chaise 371 dite Siebenkugelstuhl créée vers 1906, est. 12 000 à 15 000 euros) ou Marcel Breuer (Chaise Lattenstuhl ti 1a, vers 1922, est. 20 000-30 000 euros). Elle propose aussi des voyages, d’abord en Scandinavie avec la GJ chair de Grete Jalk (est. 15 000-25 000 euros) ou le fauteuil PK 25 de Poul Kjærholm (est. 10 000 à 12 000 euros) puis en Italie (Joe Colombo, Tube chair, est. 4 000-6 000 euros) ou encore en Grande-Bretagne (Tom Dixon, prototype de chaise longue Unikat Liege, 1993, est. 6 000 à 8 000 euros). Notons enfin trois prototypes du designer Verner Panton, les S chair et Shogum chair (est. 3 000-3 500 euros), ainsi qu’un fauteuil des années 1960 (est. 1 800 à 2 500 euros).
« Chairs Anatomy, The W. Löffler Collection », mercredi 4 mars 2026, Artcurial, 7 Rond-Point des Champs-Élysées Marcel-Dassault, 75008 Paris, www.artcurial.com

Robert Gage, lampe à poser - Modèle T-6-G. © Xavier Défaix, courtesy Piasa
Modernisme européen, une collection belge chez Piasa
Autre collection, autre collectionneur, au profil bien différent. Selon Valentine Roelants du Vivier, responsable de la vente « From Bauhaus to post-war design », « Christian P. a été un personnage assez particulier, tour à tour décorateur pour le cinéma, cuisinier et surtout restaurateur de lampes connu pour son savoir-faire à Bruxelles. Ne possédant pas de gros moyens, il a pu compter sur son regard affûté pour réunir un ensemble très cohérent ». À l’instar d’un autre grand collectionneur et restaurateur belge, Marc Hotermans, il s’est surtout intéressé aux différents mouvements modernistes en Europe au début du XXe siècle. Ils se nomment De Stjl au Pays-Bas (Willem Penaat, Meuble d’appoint, vers 1920, est. 400 -600 euros), Bauhaus (Marcel Breuer, Bureau B287, est 3 500-4 500 euros) ou encore rationalisme tchèque (Frantisek Anyz, lampe 5972, est. 500 à 700 euros). Son activité de restaurateur a naturellement orienté le collectionneur vers les luminaires, avec notamment des modèles créés par Christian Dell (Lampe Rondella Polo, 1939, est 4 000 à 6 000 euros), Wolfgang Tümpel (Lampe 03086, 1929, est. 10 000 à 15 000 euros) ou Robert Gage (Lampe à poser T-6-G, 1951, est. 4 500 à 5 500 euros).
« From Bauhaus to post-war design, from one Brussels Collection », mercredi 4 mars 2026, Piasa, 118, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris, www.piasa.fr




