L’exposition de Maja Malou Lyse (née en 1993) dans le Pavillon danois emprunte son titre, « Things to Come » (« Mondes futurs », dans sa version française), à une adaptation cinématographique d’une nouvelle de Herbert George Wells, ce qui résume bien sa nature spéculative. Placée sous le commissariat de l’universitaire et auteure Chus Martínez, très sensible aux problématiques du care (soin), l’installation vidéo mêle les imageries pornographique et scientifique au service d’un récit anticipatif. Elle découle de la découverte par l’artiste d’un fait troublant : alors qu’une baisse massive de la fertilité touche les hommes, une étude montre que les stimuli sexuels virtuels augmentent la mobilité des spermatozoïdes — preuve que les images ont une influence biologique. Cette découverte devient un fil narratif qui, au-delà de la question de la fertilité masculine, retrace la rupture civilisationnelle actuelle liée à la catastrophe climatique, à l’addiction aux écrans, à l’épuisement cognitif et à la fin de l’intimité. Elle permet enfin d’interroger, à l’aube d’un monde dominé par l’intelligence artificielle, la signification et la fonction des images dans un univers des représentations profondément bouleversé : « Les images fonctionnent comme une technologie affective, écrit Chus Martínez ; elles produisent des sensations, elles produisent du temps, elles produisent l’espèce humaine. Elles sont des répétitions de futurs possibles plutôt que des enregistrements du présent. »
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61e Exposition internationale d’art – La Biennale di Venezia, 9 mai-22 novembre 2026, Giardini, Venise, Italie.




